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L'inclusion scolaire

Qu'est-ce que l'inclusion scolaire ? 


Quand on parle d’inclusion scolaire, on pense souvent à la classe régulière. Mais l’inclusion, ce n’est pas seulement être physiquement dans la même classe que les autres élèves. 

Un ou une élève peut être présent·e dans une classe régulière, mais se sentir seul·e, incompris·e ou toujours à part. À l’inverse, un milieu plus spécialisé peut parfois offrir du soutien important, mais limiter les occasions de participer à la vie de l’école avec les autres élèves. 

L’inclusion scolaire, c’est donc plus qu’un lieu. C’est une façon de se demander : 

  • Est-ce que l’élève est bienvenu·e? 

  • Est-ce qu’il ou elle participe à la vie de la classe et de l’école? 

  • Est-ce qu’il ou elle apprend avec les autres, avec les adaptations nécessaires? 

  • Est-ce qu’il ou elle peut développer des relations positives? 

  • Est-ce qu’on tient compte de ses besoins sans l’isoler inutilement? 

  • Est-ce qu’on voit ses forces, ses intérêts et son potentiel? 

Inclure ne veut pas dire laisser l'élève se débrouiller

L’inclusion ne veut pas dire placer un ou une élève autiste en classe régulière sans soutien, puis espérer que tout ira bien. 

Pour être réelle, l’inclusion demande des conditions. Par exemple : 

  • des adaptations claires; 

  • du personnel formé et ouvert à apprendre; 

  • un environnement moins difficile sur le plan sensoriel; 

  • des attentes expliquées clairement; 

  • des transitions préparées; 

  • une collaboration entre l’école, la famille et, autant que possible, l’élève; 

  • des interventions qui soutiennent l’élève sans l’exclure automatiquement de la classe. 

L’inclusion ne devrait pas reposer seulement sur les efforts de l’enfant ou de l’adolescent·e. L’environnement scolaire doit aussi s’adapter.  

Pourquoi cette notion est-elle importante ? 

Au Québec, plusieurs élèves autistes fréquentent une classe ordinaire. D’autres sont en classe spécialisée ou dans un autre type de regroupement. Dans la réalité, les modèles varient beaucoup d’une école ou d’un centre de services scolaire à l’autre. 

C’est pourquoi le choix de classe peut être difficile. Le nom de la classe ne suffit pas. Il faut comprendre ce qui sera réellement offert : le soutien, les adaptations, les possibilités de socialisation, les apprentissages, la diplomation, les transitions et la place donnée au bien-être. 

Pour plusieurs familles, la question n’est pas seulement : « classe régulière ou classe spécialisée? » 

La vraie question est plutôt : 

Dans quel milieu mon enfant pourra-t-il apprendre, participer, être soutenu·e et se sentir à sa place?

L'inclusion peut se construire

L’inclusion n’est pas toujours déjà présente. Parfois, elle doit être demandée, expliquée, préparée et défendue. 

C’est ici que le rôle des parents devient important. Poser des questions, demander des précisions, parler des besoins de son enfant, proposer des pistes et participer au plan d’intervention peut aider l’école à mieux comprendre ce qui rendra l’inclusion possible. 

Par exemple, un parent peut demander : 

  • Qu’est-ce qui pourrait être mis en place pour que mon enfant demeure en classe ordinaire? 

  • Quelles adaptations pourraient réduire son anxiété ou sa surcharge? 

  • Comment les transitions seront-elles préparées? 

  • Comment mon enfant pourra-t-il participer aux activités de l’école? 

  • Est-ce qu’il y a des moments où il ou elle est retiré·e de la classe? Pourquoi? Pour combien de temps? 

  • Comment allons-nous évaluer si le milieu choisi lui convient? 

  • Si mon enfant est en classe spécialisée, quelles occasions aura-t-il ou aura-t-elle de participer à la vie de l’école avec les autres élèves? 

Ces questions ne servent pas à imposer une seule réponse. Elles servent à garder l’inclusion comme objectif, même lorsque le parcours scolaire est complexe.

Choisir un milieu, sans renoncer à l'inclusion

Certaines familles choisissent la classe régulière. D’autres choisissent ou acceptent une classe spécialisée, parfois après une période très difficile. D’autres encore cherchent une solution entre les deux. 

Il ne faut pas juger trop vite ces décisions. Les parents font souvent des choix dans un contexte où les ressources sont limitées, où les informations sont incomplètes et où le bien-être de leur enfant est en jeu. 

Mais même lorsqu’une classe spécialisée semble nécessaire, il est possible de continuer à poser des questions sur l’inclusion : 

  • Comment éviter l’isolement? 

  • Comment maintenir des liens avec les autres élèves? 

  • Comment garder des attentes élevées, mais réalistes? 

  • Comment préparer une transition future, si elle devient possible? 

  • Comment s’assurer que l’élève continue à avancer dans ses apprentissages et dans son autonomie? 

L’inclusion scolaire n’est donc pas seulement une case à cocher. C’est une vision à garder vivante : celle d’une école où chaque élève a sa place, reçoit le soutien dont il ou elle a besoin et peut participer pleinement, à sa façon. 


« Je pense que j’avais plus d’amis en classe régulière. Parce que, des fois, quand les personnes savent que t’es autiste, on dirait qu’elles comprennent pas vraiment c’est quoi, faque elles te jugent un petit peu. [...] Comme personne leur a expliqué, elles savent pas c’est quoi, faque là, elles trouvent que c’est bizarre. »

Personne autiste
Participant·e à notre projet de recherche