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Préparer la transition

Préparer une transition entre deux milieux scolaires 


Une transition scolaire peut être un moment important dans le parcours d’un ou d’une élève autiste. Elle peut arriver à différents moments : de la garderie ou du CPE vers la maternelle, du primaire vers le secondaire, d’une classe régulière vers une classe spécialisée, ou d’une classe spécialisée vers une classe régulière. 

Ces changements peuvent être souhaités, nécessaires, proposés par l’école ou demandés par la famille. Dans tous les cas, ils méritent d’être bien préparés. 

Une transition, ce n'est pas seulement changer de classe


Changer de milieu, ce n’est pas seulement changer de local ou d’enseignant·e. 

Pour un ou une élève autiste, une transition peut vouloir dire : 

  • nouveaux adultes; 

  • nouveaux élèves; 

  • nouvel horaire; 

  • nouvelles règles; 

  • nouveau niveau de bruit; 

  • nouveaux déplacements; 

  • nouvelles attentes scolaires; 

  • nouvelles façons de demander de l’aide. 

Même lorsque le changement est positif, il peut créer du stress. L’élève peut avoir besoin de temps pour comprendre le nouveau milieu, se sentir en sécurité et créer des liens. 

De la classe régulière vers la classe spécialisée


Certains élèves autistes fréquentent la classe régulière au primaire, puis se voient proposer une classe spécialisée au secondaire. Cela peut arriver lorsque le rythme, les exigences, les déplacements, le bruit, les devoirs ou les changements d’enseignant·es deviennent trop difficiles. 

Pour certains élèves, la classe spécialisée peut offrir un environnement plus petit, plus structuré et plus adapté. Elle peut réduire l’anxiété et permettre plus de soutien. 

Mais ce changement peut aussi soulever des inquiétudes : est-ce que l’élève aura encore accès à des apprentissages stimulants? Est-ce que cette classe mène à la diplomation? Est-ce qu’il ou elle pourra garder des liens avec les autres élèves? Est-ce qu’un retour vers la classe régulière sera possible plus tard? 

Ces questions sont légitimes. Elles devraient être discutées avant la transition. 

De la classe spécialisée vers la classe régulière


D’autres élèves font le chemin inverse. Ils ou elles quittent une classe spécialisée pour intégrer ou réintégrer une classe régulière, parfois à temps plein, parfois graduellement. 

Cette transition peut être porteuse : elle peut ouvrir plus d’occasions de socialisation, d’activités, de choix de cours ou de diplomation. Mais elle doit être préparée. L’élève ne devrait pas avoir à « faire ses preuves » seul·e dans un nouvel environnement. 

Il faut prévoir les adaptations nécessaires, les personnes qui pourront l’aider, les moments de suivi et les solutions si la transition devient trop difficile. 

Les bonnes questions à poser


Avant une transition, les parents peuvent demander : 

  • Pourquoi ce changement est-il proposé? 

  • Quels besoins de mon enfant ont été observés? 

  • Quels moyens ont été essayés avant de proposer ce changement? 

  • Quels sont les avantages du nouveau milieu? 

  • Quels sont les risques ou les défis possibles? 

  • Quelles adaptations seront mises en place? 

  • Qui sera la personne-contact? 

  • Comment mon enfant sera-t-il ou sera-t-elle préparé·e? 

  • Comment le personnel scolaire sera-t-il préparé? 

  • Est-ce que la transition sera graduelle? 

  • Comment saura-t-on si la transition fonctionne? 

  • À quel moment fera-t-on un suivi? 

Ces questions ne servent pas à bloquer le changement. Elles servent à éviter que la transition soit improvisée. 

Préparer l'élève


L’élève devrait être impliqué·e autant que possible dans la transition. Selon son âge et ses capacités, on peut lui demander : 

  • ce qui l’inquiète; 

  • ce qui l’aide à se sentir bien; 

  • ce qu’il ou elle aimerait savoir avant de commencer; 

  • les situations qui sont difficiles; 

  • les adultes avec qui il ou elle se sent en confiance; 

  • les outils ou adaptations qui fonctionnent déjà. 

Il peut aussi être utile de préparer un court portrait de l’élève : ses forces, ses intérêts, ses besoins, ses signes de stress, ce qui l’aide à apprendre, ce qui le ou la surcharge et les meilleures façons de l’accompagner. 

Ce portrait peut aider le nouveau personnel scolaire à voir l’élève dans son ensemble, pas seulement à travers son diagnostic, ses difficultés ou son plan d’intervention.

Plus qu'une visite d'orientation


Une seule visite ne suffit pas toujours. 

Selon les besoins de l’élève, on peut prévoir : 

  • plus d’une visite du nouveau milieu; 

  • des photos des lieux importants; 

  • un horaire visuel; 

  • une rencontre avec les adultes clés; 

  • une visite du trajet entre les locaux; 

  • une explication claire des pauses, du dîner, des casiers ou des déplacements; 

  • une rentrée progressive; 

  • un suivi après quelques jours ou quelques semaines. 

L’objectif est simple : réduire l’inconnu autant que possible. 

Garder le bien-être au centre des préoccupations


Une transition peut sembler réussie parce que l’élève « fonctionne » dans son nouveau milieu. Mais il faut aussi observer son bien-être. 

Est-ce que l’élève dort bien? Est-ce qu’il ou elle revient de l’école épuisé·e? Est-ce qu’il y a plus d’anxiété, de crises ou d’évitement? Est-ce qu’il ou elle parle de l’école? Est-ce qu’il ou elle se sent accepté·e? Est-ce qu’il ou elle a des occasions de créer des liens? 

Ces signes sont importants. Ils peuvent indiquer que la transition doit être ajustée.

La transition peut se réviser


Une transition n’est pas une décision gravée dans le béton. Elle peut être suivie, ajustée et réévaluée. 

Le bon milieu n’est pas seulement celui qui existe sur papier. C’est celui qui permet à l’élève d’apprendre, de participer, de développer son autonomie, de créer des liens et de préserver sa santé mentale. 

Pour y arriver, les parents, l’école et l’élève ont besoin d’informations claires, de temps pour se préparer et d’un vrai dialogue.