Skip to Content

La voix de son enfant

Défendre les besoins de son enfant à l'école


Quand vient le temps de réfléchir au choix entre une classe régulière et une classe spécialisée, plusieurs parents ont l’impression de devoir prendre une grande décision avec peu d’information. 

C’est normal de vouloir poser des questions. C’est normal aussi de vouloir comprendre ce que chaque option veut dire concrètement pour son enfant ou son adolescent·e : les apprentissages, les services, les transitions, les relations avec les autres élèves, le bruit, l’anxiété, le rythme de la classe, la diplomation et le bien-être général. 

On utilise parfois le mot anglais advocacy pour parler de ce rôle. En français, on peut simplement dire : faire entendre les besoins de son enfant.  

Faire entendre les besoins de son enfant, ça veut dire quoi?


Faire entendre les besoins de son enfant, ce n’est pas être contre l’école. Ce n’est pas non plus demander l’impossible. 

C’est plutôt : 

  • poser des questions; 

  • partager ce qu’on connaît de son enfant; 

  • expliquer ce qui l’aide et ce qui le met en difficulté; 

  • demander que les décisions tiennent compte de ses besoins réels; 

  • s’assurer que l’enfant ou l’adolescent·e soit entendu·e, autant que possible. 

Comme parent, vous connaissez votre enfant dans plusieurs contextes : à la maison, dans les activités, pendant les périodes de stress, après l’école, dans les moments où tout va bien et dans les moments où ça déborde. Cette connaissance est précieuse. 

L’école, de son côté, voit l’élève dans un autre contexte : en groupe, en classe, avec les pairs, dans les apprentissages. Quand les deux perspectives sont mises ensemble, il devient plus facile de prendre une décision éclairée. 

Pourquoi c'est important dans le choix de la classe ? 


Le nom d’une classe ne dit pas tout. 

Deux classes régulières peuvent être très différentes. Deux classes spécialisées aussi. Les services, les ressources, le nombre d’élèves, le soutien offert, les attentes scolaires et l’environnement peuvent varier d’un milieu à l’autre. 

Avant de choisir, les parents ont donc besoin de comprendre concrètement ce que chaque option implique. 

Par exemple : 

  • Qui accompagnera mon enfant? 

  • Quels services seront réellement disponibles? 

  • Comment les besoins de mon enfant ont-ils été évalués? 

  • Quelles adaptations sont possibles? 

  • Comment se fera la transition? 

  • Est-ce que cette classe mène à la diplomation? 

  • Comment le point de vue de mon enfant sera-t-il pris en compte? 

  • Que se passera-t-il si mon enfant ne va pas bien? 

Ces questions ne sont pas des critiques. Elles permettent de mieux comprendre le milieu proposé et de vérifier s’il correspond aux besoins de l’élève. 

Le bien-être compte aussi


Le choix de la classe ne devrait pas seulement reposer sur les résultats scolaires. 

Un ou une élève peut « fonctionner » à l’école, mais revenir à la maison épuisé·e, anxieux·se ou en crise. Il ou elle peut réussir ses travaux, mais se sentir seul·e, jugé·e ou obligé·e de cacher ses difficultés. 

Le bien-être fait donc partie de la réflexion. Il faut aussi se demander : 

  • Est-ce que mon enfant se sent bienvenu·e? 

  • Est-ce qu’il ou elle se sent en sécurité? 

  • Est-ce qu’il ou elle a des relations positives avec d’autres élèves? 

  • Est-ce que le bruit, les transitions ou le rythme de la classe sont trop difficiles? 

  • Est-ce qu’il ou elle a assez de soutien pour apprendre sans s’épuiser? 

  • Est-ce que le milieu l’aide à développer son autonomie et sa confiance? 

Une classe peut être bonne pour un ou une élève et ne pas convenir à un·e autre. Le meilleur choix est celui qui soutient à la fois les apprentissages, le développement, les relations et la santé mentale de l’enfant ou de l’adolescent·e.

Se préparer à une rencontre avec l'école


Avant une rencontre, il peut être utile de préparer quelques notes. 

Vous pouvez écrire : 

  • les forces de votre enfant; 

  • ce qui fonctionne bien en ce moment; 

  • ce qui est difficile; 

  • les signes qui montrent qu’il ou elle ne va pas bien; 

  • les adaptations qui l’aident; 

  • vos principales inquiétudes; 

  • vos questions sur la classe proposée. 

Il peut aussi être aidant de choisir une ou deux priorités. Quand tout semble urgent, il devient plus difficile de trouver des solutions. Commencer par les besoins les plus importants peut aider la discussion à avancer. 

Si la rencontre vous inquiète, vous pouvez demander à une personne de confiance de vous accompagner: un·e autre parent, un·e proche, un·e intervenant·e ou une personne qui connaît bien votre enfant. Cette personne peut vous aider à prendre des notes, à rester centré·e sur vos priorités et à vous rappeler les points importants. 

À la fin de la rencontre, vous pouvez demander : 

  • ce qui a été décidé; 

  • qui fera quoi; 

  • à quel moment les actions seront mises en place; 

  • quand la situation sera réévaluée. 

Vous pouvez aussi demander un résumé écrit. Cela aide tout le monde à garder la même compréhension.

Vous avez le droit de participer


Plusieurs parents ont l’impression de devoir se battre pour faire comprendre les besoins de leur enfant. 

« Mais faut juste qu’il ait une ouverture […] de bien vouloir écouter le parent et faire confiance, parce qu’il faut toujours se battre pour essayer de faire comprendre certains besoins que nos enfants ont. » - Mère participante

Si vous vous reconnaissez dans cette phrase, vous n’êtes pas seul·e. 

Prendre sa place dans les décisions scolaires peut être exigeant. Mais votre voix compte. Celle de votre enfant aussi. 

Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses. Vous avez le droit de poser des questions, de demander des explications claires, de partager vos observations et de participer aux décisions qui auront un impact sur le parcours scolaire et le bien-être de votre enfant.